
Guillaume BARBE
Je suis un enfant du village.
Mon parcours personnel s’inscrit dans celui de ma famille. Ma mère, Régine Mittre, était la fille de Loulou et Jeannette Mittre, boulangers à Flassans. Avant eux, mes arrière-grands-parents, Raoul et Margot Féraud, étaient déjà installés ici. Ils ont fabriqué et vendu leur pain sur cette même place de l’église où tant de souvenirs se croisent. Où tant de visages se sont rencontrés.
C’est ici que ma famille a vécu, travaillé, souffert parfois, mais toujours avec cette conviction simple : Flassans est une communauté, pas juste un territoire.
A 3 ans, le décès de ma mère fut avant tout une cruauté qu’aucun enfant ne devrait connaître. Cette profonde blessure d’enfant, bien des années plus tard, s’est transformée en moteur. En devoir presque : ne pas abandonner, ne pas laisser s’éteindre ce que d’autres ont fait vivre. Il y a plus de 15 ans, cette conviction a pris forme. La boulangerie familiale était à l’abandon. Elle tombait en ruine. Un symbole personnel et du village était en train de s’éteindre.
J’ai décidé de ne pas la laisser mourir. Pas uniquement par attachement familial. Mais parce que ce lieu devait revivre. La place de l’église devait redevenir un lieu de vie, un lieu d’échange, un lieu de fête. C’est ainsi qu’après des années de labeur est né le restaurant “Le Goût des Mets” qui a ouvert ses portes en 2011. Aujourd’hui devenu “Chez Didier et Marianne”, il continue d’accueillir des habitants, des familles, des amis, des rires. J’ai également transformé une autre partie du bâtiment en salon de thé, devenu depuis une crêperie.
Deux lieux, deux idées, une seule volonté : recréer du lien, des moments de partage, des souvenirs. Ces années ont aussi été celles de l’accompagnement. J’ai accompagné ma grand-mère à l’EHPAD de l’Escandihado. J’ai été présent jusqu’à la fin. J’ai enterré mes grands-parents ici, au cimetière du village. Ce sont des instants douloureux, mais nécessaires pour comprendre et avancer. Parce qu’on ne construit pas l’avenir en oubliant ses anciens, ses racines. Parce qu’il faut honorer la mémoire pour bâtir ce qui vient.
Vous l’aurez compris, depuis 45 ans, je suis un homme de terrain, formé par l’expérience, par l’effort et par les réalités de la vie. Rien ne m’a été donné. Ce que j’ai accompli, je l’ai construit seul, pas à pas, avec pour uniques moteurs la volonté, l’endurance et le goût du travail bien fait.
Au delà de cet investissement d’une vie pour Flassans, mon parcours s’est étoffé autour d’une scolarité exigeante au lycée militaire de Saint-Cyr-l’École. J’ai ensuite poursuivi des études à la Sorbonne sur Paris. Très tôt, j’ai dû apprendre à me débrouiller : pour financer mes études, j’ai travaillé chez un des plus gros distributeurs de livres à Paris. Ces années m’ont forgé. Pas de raccourcis, pas de réseau, pas de piston. J’ai avancé au mérite.
En 2004, je commence au guichet d’un grand groupe bancaire français en tant que simple chargé d’accueil. J’y resterai plus de vingt ans. À force d’engagement, de rigueur et d’abnégation, j’ai gravi chaque échelon : conseiller, directeur adjoint, directeur d’agence, puis responsable multisites sur le secteur de Draguignan. Je n’ai jamais cessé d’apprendre : formations du soir, BP Banque, cursus Cadre… tout cela en parallèle de mon travail et de ma vie de famille.
J’ai géré des portefeuilles exigeants, accompagné des clients prestigieux (Ambassades Étrangères, Maison de la radio France Télévisions, ADP Aéroport de Paris Roissy-CDG…), supervisé la gestion des risques sur trois départements d’Île-de-France (93, 77 et 60…) Ce parcours, je l’ai bâti sans privilège et avec constance. Et toujours en gardant un principe simple : ne jamais renoncer.
Il y a quelques années, j’ai fait un choix de vie : revenir à Flassans avec ma femme et mes deux garçons, dans mon village de naissance et de cœur. J’y ai trouvé un nouveau souffle, une envie d’agir localement, de m’ancrer durablement et de transmettre ce que j’ai appris.
Ma candidature n’est pas faite de promesses électorales. Mais plutôt de mémoire, de volonté, et de foi immense en ce village. Notre centre-ville doit revivre. Nous devons pouvoir à nouveau se retrouver et échanger, écouter de la musique, faire la fête sur la place de l’église. Je souhaite que les jeunes trouvent leur place, que les anciens soient respectés, que chacun se sente chez lui ici.
Il est temps d’arrêter de tourner le dos à l’avenir, sous prétexte que nous n’avons pas les moyens ou pas les idées. Des idées, j’en ai autant que mes colistiers. De l’énergie, nous en avons. Et de l’amour pour Flassans, j’en déborde.
Je ne me présente pas pour un titre. Je me présente pour honorer ma famille, redonner du sens, rassembler autour d’un village qu’on aime tous à notre façon. Reprenons en main notre destin qui n’a cessé d’être balancé d’intérêts personnels en désintérêt pour le collectif. Ensemble. Respectons nos racines, et préparons l’avenir.
Je vous remercie de m’écouter, de croire en ce renouveau. Et je vous dis simplement : je suis prêt. Avec vous.
Ensemble pour Flassans, préservons notre histoire, construisons l’avenir.
Comments are closed